Butaï est le nom du castelet en bois des kamishibayas, ces conteurs japonais qui parcouraient les campagnes à bicyclette. Ils y faisaient se succéder des dessins peints. De village en village, ils racontaient leurs histoires jusqu’à l’arrivée de la télévision qui les fit disparaître dans les années 1960.
Le Butaï 2.013 est un moyen de véhiculer des images. Il revendique sa propre lenteur en prenant la forme d’une performance artistique : il s’agit de faire voyager des tableaux au rythme d’un déplacement à vélo dans les campagnes. À chaque étape, dans un village, l’artiste et son accompagnatrice sont accueillies en « micro-résidence ».
Soazic Bruneau prends alors une photo de la télévision allumée chez un habitant. Elle l’imprime et la colle sur l’un des tableaux en carton vierges transporté dans des sacoches en bois. Durant 2 jours elle sculpte l’image à travers les épaisseurs du carton jusqu’à l’ultime couche rendue transparente. L’atelier est un lieu mis à disposition par le maire ou l’association (médiathèque, salle polyvalente…).
Les tableaux ensuite montrés sur une fête populaire ne changent que toutes les 24 min. Ce temps nécessaire transforme les images trop rapides de la télévision en images d’art.
L’espace de la tente est un lieu de contemplation. La télévision rendue silencieuse invite le spectateur à partager sa lecture des images. Les interprétations d’individus souvent non familiarisés avec l’art contemporain se croisent et font naître une poésie spontanée sur la place publique.














