Je suis à l’affût. Une horde d’images nous assaille en permanence. Je guette celles des téléviseurs et puise parmi les feuilletons sentimentaux mes proies. Des dizaines de saison. Des centaines d’épisodes. Vingt quatre images par seconde, une source intarissable de figures stéréotypées.
Les ondulations du carton m’offrent une trame idéale rappelant l’entrelacement du signal vidéo. Sous mes yeux, défilent les palmiers, les piscines et les villas. Pause J’immobilise le flux. Les lignes horizontales tressaillent. De ma lame aiguisée, j’incise les contours et décolle les peaux cellulosiques. Je gangrène d’aspérités les beaux visages. Je déchiquette les voitures de luxe et les ostensibles cocktails. Les fibres du papier se soulèvent. Poésie de l’usure : j’anéantis l’asepsie des écrans qui colonisent notre imaginaire. Au sol, des copeaux: la mue de la représentation.



















série débuté en 2010, 16 pouces (24x32cm), carton d’emballage ondulé et carton imprimé